Le training de l’acteur

-> en scène !

Je suis allé au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique, à Paris. THE conservatoire. Pas comme élève, non. C’était à une journée organisée autour du training de l’acteur.

Goshu le violoncelliste

Vous savez :
comment l’acteur s’entraîne au quotidien ? Quels protocoles il peut mettre en place avant de commencer une séance de travail, une répétition, une représentation ?

Même si ce n’était pas la première fois que j’entrais dans le conservatoire, leurs locaux sont très beaux. Peut-être pas toujours adaptés pour faire du théâtre au XXI° siècle, mais ceci est un autre débat (je pense que c’est quand même super de travailler dans un tel lieu !)

La directrice, Claire Lasne-Darcueil, nous a accueilli. Tout un joli discours sur le théâtre, une partie de son parcours. Sur le training et sa nécessité pour un acteur, elle a dit quelque chose que j’ai bien aimé : le training c’est faire qu’au delà d’un acteur, « une personne entre en scène ».
Dans sa propre pratique de comédienne ou metteuse en scène, elle propose dans le training de rêver le geste, de l’imaginer avant de le faire (sans doute sa rencontre avec la pratique Feldenkreis)

A travers les différents intervenants de la journée, j’ai retenu quelques pratiques de training qui m’ont parue efficaces (il y en a d’ailleurs que j’utilise maintenant régulièrement, en fonction des groupes).

marathon

1 ) Le marathon

Tout le groupe marche dans l’ensemble de l’espace. Régulièrement les comédiens changent de rythme, de niveau (au sol, accroupi, très droits) et de direction ; d’abord sur un signal, puis d’eux-même. Ils doivent chercher à se surprendre.
Puis se dire bonjour de toutes les manières, en très peu de temps.
Puis ils se serrent la main quand ils se croisent. Ne rien jouer : à chaque fois c’est une « vraie » rencontre nouvelle.
Puis un baiser, de loin, de près.
Puis une révérence. Pas les deux en même temps : don puis réception. Ne pas oublier que chaque rencontre est différente (forme et durée). On s’incline devant l’artiste.
Puis on se prend dans les bras. Étreintes fortes, intenses et succinctes. Rester dans l’étreinte après plusieurs fois.
Puis tout le groupe épouse un même code de salut, sans se le dire.

Puis se passer la balle ou autre chose sans la faire tomber. Sinon on recommence. Ca peut être des ces chapeaux sur la tête.

Puis des jeux sur le rythme : on définit 10 vitesses de 1 (très ralenti) à 10 (presque une course) ; on donne aux comédiens les différentes vitesses par lesquels ils doivent passer (par exemple 4-8-6-2). Ils démarrent sur le premier rythme et passent sur les suivant tous ensemble sans se le dire. J’aime beaucoup cet exercice de composition qui oblige à beaucoup d’écoute.

2) Training de l’Ecole du jeu – Delphine Eliet

Delphine Eliet, directrice de l’École du jeu à Paris, a dirigé un training complet avec une dizaine d’élèves, devant nous. Je n’en reprends pas tous les détails, seulement un parcours global.

Commencer en position neutre, jambes écartées à peu près largeur du bassin pour être bien planté dans le sol. Respirer. Grand. Large. Profond. Toujours vérifier comment on respire. Remonter des pieds tout le long du squelette. Sentir les tensions. Chercher à les dénouer. Sentir où ça coince. Progressivement construire – améliorer sa verticalité. Être dans une perception globale : tous les sens.

Homme de Vitruve - Léonard
Se centrer !

Ressentir, son centre de gravité, le bouger, jouer dessus, le déplacer un peu, sans crisper le reste du corps. Et on va travailler la vibration : imaginez qu’une vibration part de votre centre de gravité et se répercute dans tout le corps. D’abord très légère.
Puis dans les genoux, faire « rebondir » le centre de gravité, sans crisper les épaules, ni la mâchoire, souple, déverrouillé. Amplifier. Puis se développe en marche.

Marches : 
On définit un certain nombre de signaux : « un », « hop », « go »… Pendant tout l’exercice, on fait monter le niveau d’énergie (30 %, 60%, 80 %…).
1 -> tous tombent.
HOP -> tous se relèvent.
GO -> explosion en 3 secondes, tout le monde s’aplatit contre les murs.
JUMP -> saute en claquant des mains
CATCH -> on s’attrappe par 2 (en 2 secondes)
SLOWMOTION -> au ralenti, sans perdre l’énergie

On le voit à travers ces exemples de training, ce qui compte c’est de se centrer sur soi et de s’ouvrir au groupe, être dans une écoute globale. Et vous quels sont vos protocoles pour travailler ces qualités de l’acteur ?

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