Yllis

Le plaisir d'apprendre

Le plaisir d’apprendre

Une grande partie de la philosophie d’Épicure repose sur la maĂźtrise des dĂ©sirs. Son idĂ©e est d’apprendre Ă  ne pas se faire possĂ©der par ceux-ci.

Le principal outil qu’il propose est de satisfaire ses plaisirs naturels et nĂ©cessaires (aujourd’hui on parlerait de rĂ©guler sa dopamine). Il faut travailler Ă  rĂ©duire, supprimer, les dĂ©sirs qui ne correspondent pas Ă  des besoins naturels, Ă  des choses qui n’existent pas.

Mais alors, comment rĂ©guler nos dĂ©sirs pour qu’ils n’empiĂštent pas sur nous ou les autres ? Pour Epicure, il faut ancrer le dĂ©sir dans la connaissance des limites naturelles du corps.

La connaissance est une chose importante dans la philosophie épicurienne.

La premiĂšre chose Ă  savoir et Ă  comprendre est la finitude de la vie.

Nous sommes de passage. Nous naissons dans un monde qui nous préexiste et nous mourrons sur une Terre qui continuera de tourner.

Il ne sert à rien de refuser cet état de choses.

Nous nous insérons dans un cycle perpétuel. De notre passage naßtra une autre vie : aussi bien notre descendance que de la décomposition de notre corps.

C’est la dialectique de la vie.

En ce sens, nous faisons partie d’un tout qui n’a pas conscience de lui-mĂȘme (il n’est pas question ici de GaĂŻa ou de conscience universelle ou cosmique). Mais nous pouvons avoir conscience de cet ensemble, l’observer et chercher Ă  le comprendre. C’est complĂ©mentaire avec la joie d’ĂȘtre vivant.

La contemplation du monde physique, l’imagination de l’infini sont des Ă©lĂ©ments capitaux de la physique Ă©picurienne. Cela provoque un changement total de la maniĂšre de voir les choses (l’univers clos se dilate Ă  l’infini) et, si on se laisse emporter, cela provoque aussi un grand plaisir spirituel. Cet enthousiasme, nous le retrouvons souvent chez de nombreux scientifiques d’ailleurs.

La connaissance est facteur de lucidité et une vision lucide permet la clarté dans sa vie.

Suivre la recherche scientifique, observer et apprendre sont des tĂąches du philosophe.

“Commençons donc par considĂ©rer qu’il n’est pas d’autres fins Ă  la connaissance du monde cĂ©leste [
] que l’absence de troubles prĂ©cisĂ©ment, en d’autres mots une conscience ferme, comme c’est aussi le cas pour tout le reste.”

Dans ce dĂ©but de la lettre Ă  PythoclĂšs, dans laquelle Épicure expose ensuite les principes de fonctionnement de la nature, de la physique, de la biologie, on comprend que la connaissance (scientifique si on emploie une terminologie actuelle) participe Ă  l’absence de troubles.

Sans doute peut-on rattacher ça Ă  une connaissance claire de l’environnement qui Ă©vite des spĂ©culations non fondĂ©es et gĂ©nĂ©ratrices d’angoisses. La comprĂ©hension des courants fondamentaux et non seulement celle de l’écume des jours.

Notre Ă©poque, comme celle d’Épicure, est une pĂ©riode de mutations. Sa philosophie peut nous apprendre Ă  mieux vivre, en nous libĂ©rant.

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