Yllis

Dur, dur de s'installer

Cela fait trois mois que j’ai signé le bail pour mon terrain. Et je suis toujours derrière mon ordi la majorité de la journée. Comme dans la vie d’avant !

Je pensais avoir signé pour avoir les mains dans la terre et transpirer sous le soleil ou grelotter sous les assauts du vent froid. Mais pour l’instant tout cela est très fantasmé. Comme tout mon projet d’ailleurs que j’écris, que je raconte, que je planifie, que je mets en chiffres, etc mais que je ne mets pas (encore) en oeuvre.

Et pourtant les journées sont bien remplies et je n’ai pas l’impression de chômer : plusieurs journées de formation auprès de la chambre d’agriculture pour valider mon PPP (plan personnalisé de professionnalisation) qui sera ensuite un sésame pour les aides à l’installation, journées de formation avec un centre de gestion, avec Initiatives Paysannes, rédaction d’un plan d’affaires (c’est long), des prévisionnels financiers des cinq prochaines années (qui forcément changent tout le temps), formations avec Accueil Paysan pour mettre en place des activités pédagogiques, tentatives désespérées pour avoir un devis pour être raccordé à l’eau, casse-tête pour le raccordement à l’électricité, planification des cultures et assolement (quelle culture à quel endroit), contacts avec les semenciers et pépiniéristes, dépôt d’une première demande d’aide, devis pour les serres, rendez-vous commerciaux pour les différents logiciels de commercialisation, finalisation de la charte graphique (regardez le beau logo ci-dessous), etc

Alors bien sûr quand je vais voir la propriétaire pour faire signer tel ou tel papier, elle me demande quand je vais commencer à cultiver. Je ne lui dit pas que je me le demande moi-même ! Comme c’est l’hiver, je lui dis que j’attends le printemps (ce qui est vrai aussi).

Normalement l’entreprise devrait être créée en mars. Je devrais commencer à acheter le matériel à ce moment. Et si tout se passe bien les planches de cultures devraient être réalisées début avril, les premiers plants début mai et les premières plantations à la mi-mai.

Et une grande inconnue.

Plusieurs aides à l’installation existent. La plupart permettent de financer une part (importante) des investissements initiaux. Seulement il y a deux difficultés : entre le dépôt de ces aides et leur versement s’écoule plus d’une année (il faut donc de la trésorerie) et surtout rien ne me certifie que les dossiers seront acceptés et dans leur totalité. Et entre-temps les dépenses auront été engagées… D’après Initiative Paysanne, il n’y a jamais eu de mauvaise surprise sur le deuxième point, mais bon…

L’arrivée du printemps devrait me voir plus sur le terrain à tout mettre en place, du matin au soir, avec certainement des galères d’implantations et des réalités terrain qui ne correspondront pas aux plans que j’avais fait. Le tout parfois sous des trombes d’eau. Et alors, je regretterai les journées passées devant l’ordi ou en formation à rêver ma future ferme !

(mais je ne pense pas)

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