5 étapes pour bien commencer une séance d’atelier

-> Grimoire des exercices

Faut pas vous louper : le début d’un atelier, c’est très important (comme le début d’un spectacle, c’est lui qui donne le ton de la séance).

Dans ce temps de démarrage d’un atelier, qu’on l’appelle chauffe, training… c’est l’occasion de couper avec ce qu’on faisait avant la séance de théâtre, avec les préoccupations qui nous ont assaillies toute la journée, avec les tensions qui se sont accumulées (une bonne manière donc de lâcher prise) C’est un moment où on donne aussi la tonalité de la suite de la séance et qui permet de monter en énergie pour ensuite être mobilisé dans les exercices proposés ou les scènes répétées. Ce temps de démarrage d’atelier est aussi celui où le groupe se constitue et se soude. Il peut devenir un véritable rituel (à terme ça peut même être une personne différente du groupe qui le dirige à chaque fois).

Vous l’aurez compris, pour moi c’est un des moments importants d’une séance, et quand je ne le fais pas, d’ailleurs, je le regrette. Il permet de développer les qualités essentielles du comédien : lâcher-prise, intériorité/imaginaire, sens du collectif et de l’espace et sens du rythme.

Alors regardons de plus près comment s’y prendre.

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1) L’ intériorité

D’abord pour le comédien, il faut qu’il se retrouve avec lui-même. Qu’il se recentre, oublie ce qui a précédé, gomme les tensions dans le corps, qu’il se nettoie de toutes les pollutions extérieurs. C’est le début de la concentration. Une sorte de méditation. Souvent quelques minutes suffisent, cela n’a pas besoin d’être très long. Je pense que c’est mieux d’être allongé au sol, surtout les premières fois. Mais ce n’est pas indispensable. Il s’agit de prendre conscience de sa respiration, d’imaginer le circuit de l’air à travers le corps, d’allonger les expirations puis de passer en revue l’intégralité de son corps et de repérer les zones de tensions (un muscle du cou, un doigt, la cuisse…) Simplement les repérer en continuant à respirer lentement et profondément. Une musique douce peut aider à créer une atmosphère propice.

2) Préparer le corps et la voix

Dans un deuxième temps, on commence à préparer le corps et la voix. C’est la chauffe à proprement parler pendant laquelle on monte en énergie graduellement. Travailler sur les articulations est un moyen efficace, du cou au pied ; en douceur d’abord puis on agrandit les rotations. Les étirements sont aussi un bon moyen de préparer le corps.

Un petit travail de voix est aussi à faire. On peut par exemple masser les principaux résonateurs (le sommet du crâne, entre les sourcils, nez, base du cou, poitrine…) En même temps on projette un son (aaahhhh ) en essayant de le placer à cet endroit-là. Ça doit vibrer un peu.

Tous les travaux de voix sont aussi un bon moyen de lâcher prise !

3) Le collectif et l’espace

Avec la voix, on a commencé à s’ouvrir aux autres, au reste du groupe. Il est maintenant temps de travailler spécifiquement sur le collectif. Les marches sont un bon moyen et en plus elles permettent de s’approprier l’espace de travail. Par exemple le groupe peut être lancé dans une marche dynamique. Tout l’espace dans être en permanence occupé (équilibre du plateau de jeu). On varie les rythme de marche, sans qu’on se cogne. Dans un deuxième temps quand on croise un regard, proche ou plus loin, on s’arrête ensemble, à deux, le corps suspendu et on tient le regard. Sans se donner de signe, on repart dans une marche dynamique ensemble. Puis dans un troisième temps, avant de repartir on fait un geste vers l’autre avec différentes parties du corps (on évite les gestes de salutation) . Ensuite à votre signal, toujours en marchant, les participants se regroupent par 2, par 3, par 4, tous ensemble. A chaque fois ces groupes sont assez compacts et se déplacent de la même manière et au même rythme (comme un chœur).

On peut varier les propositions. L’intérêt étant de travailler l’espace, la conscience des autres et l’écoute du groupe.

4) Le jeu

Le théâtre c’est avant tout du jeu. Ce n’est pas par hasard si le mot est le même pour le jeu de l’acteur et le jeu de l’enfant. C’est important de rechercher cette dimension aussi lors du début de la séance. Non seulement cela favorise le lâcher-prise, mais cela renforce aussi le groupe et créé des complicités. On peut aussi aller puiser dans les jeux enfantins qui mettent en action le corps. J’aime bien l’échange de pièce par exemple.

5) La rapidité : décision et précision

Pour clore ce début de séance, j’aime bien entraîner la rapidité et la précision. Ce sont à mon sens des qualités essentielles du comédien, souvent sous estimées. C’est aussi ce qui permet ensuite de travailler le rythme de manière fine. C’est l’occasion de faire une synthèse des éléments précédents : corps et voix, jeu, sens du collectif et de l’espace. On peut le faire avec différents protocoles : relais d’improvisations, se lancer une balle tout en se déplaçant, sans que celle-ci ne tombe par terre, et sans la garder plus d’une seconde…

Je consacre au moins 20 à 30 minutes à chaque fois pour cette chauffe et training. Les comédiens en sont contents et la qualité du travail ensuite est bien meilleure. Sur cette base, on peut imaginer beaucoup de variations, en fonction de l’inspiration, du groupe, du travail prévu sur le reste de la séance.

Et vous comment commencez-vous vos séances ?

 

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